Astigmatisme : comprendre ce trouble visuel et savoir comment le corriger
Vous confondez parfois certaines lettres ? Les contours vous paraissent moins nets ? Votre vision semble légèrement déformée, de loin comme de près ? Il peut s’agir d’un astigmatisme.
L’astigmatisme est un trouble de la réfraction très fréquent. En Europe, une vaste étude portant sur près de 62 000 adultes de 25 à 89 ans a estimé que 23,9 % présentaient un astigmatisme d’au moins 1 dioptrie.

l peut être très léger et presque imperceptible ou suffisamment important pour nécessiter une correction permanente. Il peut également être associé à une myopie, une hypermétropie ou, avec l’âge, à une presbytie.
Mais qu’est-ce qu’un œil astigmate exactement ? Est-ce héréditaire ? L’astigmatisme peut-il augmenter avec l’âge ? Comment lire une ordonnance ? Peut-on vivre sans lunettes ? Et surtout, peut-on corriger un astigmatisme avec un laser Excimer ?
Qu’est-ce que l’astigmatisme ?
Dans un œil sans astigmatisme, la cornée possède une courbure relativement régulière permettant à la lumière de converger correctement vers la rétine.
Chez une personne astigmate, la puissance optique de l’œil n’est pas identique selon tous les axes.
On compare parfois, de façon simplifiée, une cornée régulière à la surface d’un ballon de football, alors qu’une cornée astigmate présente une courbure davantage comparable à celle d’un ballon de rugby.
Cette comparaison est imparfaite sur le plan anatomique, mais elle permet de comprendre le principe : la lumière n’est pas focalisée de la même façon dans toutes les directions.
Le résultat peut être une vision floue, imprécise ou déformée, aussi bien de loin que de près.
Quelle est la différence entre myopie et astigmatisme ?
La confusion est fréquente.
- Un myope voit principalement moins bien de loin.
- Un hypermétrope doit fournir un effort accommodatif plus important pour obtenir une vision nette, notamment de près selon son âge et l’importance de l’hypermétropie.
- L’astigmate, lui, présente une puissance différente selon les axes de l’œil. Certains contours peuvent donc apparaître moins nets ou déformés.
Et surtout, ces défauts peuvent être associés.
On peut parfaitement être :
myope et astigmate,
hypermétrope et astigmate,
ou encore
presbyte et astigmate.
C’est extrêmement courant.
Quels sont les symptômes de l’astigmatisme ?
Ils dépendent notamment de son importance et de son association éventuelle avec un autre trouble visuel.
Un astigmatisme peut provoquer :
- une vision floue ou imprécise ;
- des contours légèrement déformés ;
- une difficulté à distinguer certains détails ;
- une gêne aussi bien de loin que de près ;
- une fatigue visuelle ;
- une tendance à plisser les yeux ;
- des difficultés plus marquées lors de la conduite nocturne ;
- parfois des céphalées lors d’efforts visuels prolongés.
Un astigmatisme faible peut cependant rester longtemps peu ou pas symptomatique.
Pourquoi certaines lettres peuvent-elles être confondues ?
C’est une manifestation souvent associée à l’astigmatisme.
Parce que certaines orientations sont moins nettement perçues que d’autres, des caractères proches peuvent sembler plus difficiles à différencier.
Mais ce symptôme n’est évidemment pas spécifique de l’astigmatisme : un examen de la réfraction reste nécessaire pour savoir précisément d’où vient une baisse de qualité visuelle.
Comment mesure-t-on l’astigmatisme ?
L’astigmatisme se mesure en dioptries.
Sur une ordonnance de lunettes, on retrouve généralement plusieurs informations.
La sphère correspond notamment à la composante myopique ou hypermétropique de la correction.
Le cylindre correspond à l’importance de l’astigmatisme.
L’axe, exprimé en degrés entre 0° et 180°, indique son orientation.
Par exemple, deux personnes présentant exactement la même valeur de cylindre peuvent avoir des axes différents et donc des corrections différentes.
C’est pourquoi une correction de l’astigmatisme ne se résume pas à dire : « J’ai une dioptrie d’astigmatisme ».
Il faut également connaître son axe.
L’astigmatisme est-il fréquent ?
Oui, et probablement davantage que beaucoup de patients ne l’imaginent.
Dans les données européennes disponibles, environ un adulte sur quatre âgé de 25 à 89 ans présentait un astigmatisme d’au moins 1 dioptrie. PubMed
À l’échelle internationale, les estimations sont très variables selon l’âge, la population étudiée et surtout la définition retenue. Une revue systématique publiée en 2023 rapporte ainsi des prévalences allant de 8 % à 62 % dans les populations adultes étudiées. PubMed
Chez les enfants européens de 4 à 17 ans, une méta-analyse récente estime la prévalence d’un astigmatisme d’au moins 1 dioptrie à environ 10 %, tout en soulignant les limites et différences entre les études disponibles. PubMed
Ces chiffres montrent surtout une chose : l’astigmatisme est un défaut visuel extrêmement courant.
Est-on astigmate dès la naissance ?
Un astigmatisme peut être présent très tôt dans la vie et sa composante est en partie liée aux caractéristiques anatomiques de l’œil.
Son origine est toutefois complexe. Les travaux scientifiques ont étudié différents facteurs génétiques, anatomiques et environnementaux sans qu’un mécanisme unique permette d’expliquer tous les astigmatismes. PubMed
Chez l’enfant, un astigmatisme significatif doit être correctement dépisté et corrigé lorsque cela est nécessaire, car la qualité de l’image reçue par l’œil participe au développement de la vision.
L’astigmatisme évolue-t-il avec l’âge ?
Oui, il peut évoluer.
L’importance de l’astigmatisme peut changer au cours de la vie, mais son orientation peut également se modifier.
Les études montrent notamment que certaines formes d’astigmatisme sont davantage observées chez les sujets jeunes, tandis que d’autres deviennent plus fréquentes avec l’avancée en âge.
Une modification de correction au fil des années n’est donc pas nécessairement anormale.
En revanche, une modification importante ou inhabituelle de l’astigmatisme peut justifier des examens complémentaires de la cornée afin d’en rechercher la cause.
Un astigmatisme peut-il s’aggraver ?
Oui, mais l’évolution est très variable d’une personne à l’autre.
Un astigmatisme léger peut rester relativement stable pendant des années. Chez d’autres patients, sa valeur ou son axe évoluent progressivement.
Une évolution rapide ou atypique mérite davantage d’attention, car certains troubles de la cornée peuvent provoquer un astigmatisme irrégulier.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la mesure de la réfraction ne constitue qu’une partie de l’examen ophtalmologique.
Comment vivre avec un astigmatisme ?
Tout dépend de son importance.
Un astigmatisme très faible et ne provoquant aucune gêne ne nécessite pas nécessairement la même stratégie qu’un astigmatisme responsable d’une baisse de vision.
Lorsqu’une correction est nécessaire, trois grandes possibilités existent.
Les lunettes
Les verres correcteurs compensent la différence de puissance entre les différents axes de l’œil.
C’est la solution la plus simple et la plus courante.
Lors d’une première correction d’un astigmatisme ou d’un changement important d’axe ou de puissance, une courte période d’adaptation peut parfois être ressentie.
Les lentilles de contact
Les lentilles toriques sont spécialement conçues pour corriger l’astigmatisme.
Contrairement à une lentille sphérique classique, elles doivent conserver une orientation suffisamment stable sur l’œil pour respecter l’axe de correction.
Le choix dépend notamment de la correction, de la cornée, de la surface oculaire et du mode de vie.
La chirurgie réfractive
Chez certains adultes dont la correction est suffisamment stable et dont les caractéristiques oculaires le permettent, une correction de l’astigmatisme au laser peut être envisagée.
Peut-on corriger définitivement l’astigmatisme ?
Il faut être prudent avec le terme « définitivement ».
Les lunettes et les lentilles compensent l’astigmatisme tant qu’elles sont portées.
La chirurgie réfractive vise quant à elle à modifier la puissance optique de la cornée afin de corriger le défaut réfractif présent au moment de l’intervention.
Mais un œil continue naturellement d’évoluer au cours de la vie. Une chirurgie ne bloque donc ni les modifications ultérieures de la réfraction, ni l’apparition de la presbytie, ni le vieillissement du cristallin.
Peut-on opérer l’astigmatisme avec un laser Excimer ?
Oui, chez les patients éligibles.
Le laser Excimer permet de remodeler la cornée avec une grande précision.
Dans le cas de l’astigmatisme, le traitement n’est pas identique dans toutes les directions : il est calculé pour tenir compte de la puissance du défaut et de son axe.
L’objectif est de modifier la géométrie optique de la cornée afin que la lumière soit focalisée plus précisément sur la rétine.
Peut-on corriger myopie et astigmatisme en même temps ?
Oui, lorsque le bilan confirme que le patient est éligible.
C’est d'ailleurs une situation fréquente.
Le traitement au laser Excimer peut être personnalisé pour prendre en compte simultanément plusieurs composantes de la correction.
Un patient présentant par exemple une myopie associée à un astigmatisme ne nécessite donc pas deux opérations distinctes simplement parce qu’il présente deux défauts visuels.
Il en va de même pour certaines associations entre hypermétropie et astigmatisme.
Tous les astigmatismes peuvent-ils être opérés ?
Non.
Le chiffre inscrit sur l’ordonnance ne suffit jamais pour décider d’une intervention.
Avant une chirurgie réfractive, le bilan préopératoire étudie notamment :
- la correction et sa stabilité ;
- l’importance et l’axe de l’astigmatisme ;
- l’épaisseur de la cornée ;
- sa courbure ;
- sa régularité ;
- la topographie cornéenne ;
- la surface oculaire ;
- l’état général de l’œil ;
- l’âge et les besoins visuels du patient.
Il faut notamment distinguer un astigmatisme régulier, généralement plus facilement corrigeable optiquement, de certaines formes d’astigmatisme irrégulier nécessitant une analyse spécifique de la cornée.
Pourquoi le bilan de la cornée est-il si important avant le laser ?
Parce que le laser Excimer agit précisément sur la cornée.
Avant de décider de la traiter, il faut donc connaître avec précision sa forme, son épaisseur et sa régularité.
Deux patients ayant la même ordonnance de lunettes ne sont pas nécessairement deux candidats identiques à la chirurgie réfractive.
C’est précisément tout l’intérêt du bilan préopératoire.
L’astigmatisme est l’un des défauts visuels les plus fréquents. Il peut provoquer une vision floue ou déformée de loin comme de près et être associé à une myopie, une hypermétropie ou une presbytie.
Il se mesure en dioptries, mais sa correction dépend également de son axe.
Les lunettes et les lentilles toriques permettent de le compenser efficacement. Chez certains patients adultes dont la correction est stable, une chirurgie réfractive au laser Excimer peut également permettre de corriger l’astigmatisme et de réduire la dépendance aux lunettes ou aux lentilles.
Le Dr André Tuil, ophtalmologue et chirurgien réfractif à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, réalise un bilan ophtalmologique et préopératoire afin d’étudier la correction, la cornée et l’éligibilité à une correction de l’astigmatisme au laser Excimer.














